Vêtements de travail

Hygroma du genou : prévention, normes et bonnes pratiques au travail

Parce qu’il touche des milliers de professionnels exposés au travail à genoux, l’hygroma du genou n’est pas un simple « bobo ». Il s’agit d’une inflammation de la bourse prépatellaire, souvent appelée bursite, qui peut entraîner douleur, gonflement et arrêts de travail répétés. Voici un tour d’horizon concret pour comprendre, prévenir et gérer ce risque au sein de votre organisation.

De quoi parle-t-on exactement ?

L’hygroma du genou correspond à une accumulation de liquide inflammatoire dans la bourse située à l’avant de la rotule. Les signes les plus courants : douleur, œdème localisé, sensibilité à la pression, gêne lors de la flexion, voire rougeur et chaleur en cas de processus infectieux. La pathologie résulte fréquemment de microtraumatismes répétés liés aux appuis prolongés sur le sol.

Les métiers les plus exposés

La littérature métier et les retours de terrain convergent : garagistes, carreleurs, plombiers, couvreurs, électriciens, poseurs de sols, agents de maintenance, opérateurs en logistique ou jardiniers s’agenouillent régulièrement, parfois sur des surfaces dures et irrégulières. Les facteurs aggravants : durées d’appui longues, fréquence élevée, sols abrasifs, outillage au sol et postures statiques.

Prévenir avant de soigner : l’approche ergonomique

La prévention de l’hygroma du genou repose d’abord sur l’organisation du travail :

  • Alterner les postures (agenouillée, accroupie, demi-agenouillée, debout) pour réduire le temps cumulé à genoux.
  • Adapter les procédés : utilisation de tables élévatrices, tréteaux, supports réglables, rallonges d’outils pour limiter la descente au sol.
  • Aménager le poste : tapis antifatigue, dalles de protection ou surfaces souples temporaires sur chantiers.
  • Former et sensibiliser aux gestes et postures ainsi qu’au repérage précoce des symptômes (douleurs persistantes, gonflement).

Les EPI qui font la différence : comprendre la norme EN 14404

Quand l’appui au sol est incontournable, le recours à des genouillères conformes à la norme EN 14404 devient central. Cette norme européenne définit :

  • Les types de protections (intégrées au vêtement, à fixer sur la jambe, à poser au sol, etc.).
  • Les niveaux de performance (résistance à la pénétration, répartition de la pression, maintien en position).
  • Les méthodes d’essai pour garantir une absorption des chocs et une protection mécanique adaptées aux réalités du chantier.

L’intérêt opérationnel ? Une genouillère bien positionnée, stable et compatible avec l’activité réduit l’appui direct sur la rotule et protège les tissus. Pour aller plus loin sur le cadre réglementaire et les critères de choix, consultez notre dossier dédié : norme EN 14404 sur la protection des genoux.

Comment choisir concrètement ses genouillères ?

Quelques repères pragmatiques pour les responsables HSE, acheteurs et encadrants :

  • Cartographier les tâches : identifier celles impliquant plus de 15 à 20 minutes d’appui continu à genoux ou des séquences répétées dans la journée.
  • Associer type et usage : protections intégrées au pantalon (praticité, port permanent), à sangles (polyvalence, multi-usages), à poser au sol (travaux stationnaires, forte pression).
  • Tester la tenue : la stabilité en mouvement, l’absence de glissement et la compatibilité avec le vêtement conditionnent l’adhésion des équipes.
  • Vérifier la conformité : marquage EN 14404 lisible, niveau de performance adapté au support (sol dur, irrégulier), guide de tailles clair.
  • Planifier l’entretien et le renouvellement : un EPI écrasé, déformé ou déchiré perd ses qualités d’amortissement.

Ce que dit la prévention réglementaire en entreprise

Au titre de l’évaluation des risques (document unique), les employeurs doivent identifier le risque de bursite / hygroma et définir des mesures de prévention : aménagements, fourniture d’EPI conformes, formation et suivi de l’exposition. La traçabilité (dotations, dates de renouvellement, consignes d’usage) aide à piloter l’efficacité des actions.

Indicateurs utiles pour piloter la démarche

  • Temps cumulé à genoux par activité ou par poste.
  • Taux d’adoption des EPI (port réel vs dotés).
  • Signalements précoces (douleurs, inconfort) via une remontée simple d’information.
  • Taux d’AT/MP liés aux genoux et absentéisme associé.

Bonnes pratiques terrain : faire simple et efficace

  • Brief sécurité en début de poste : rappeler quand et comment utiliser les protections.
  • Règle du quart d’heure : au-delà de 15 minutes d’appui, imposer la protection ou un aménagement.
  • Check-list chantier : surface au sol, présence d’outils saillants, disponibilité des genouillères.
  • Essais utilisateurs avant référencement : impliquer des opérateurs pour valider confort et ergonomie.

Et si l’hygroma est déjà là ?

La prise en charge médicale s’impose en cas de douleur persistante ou de gonflement marqué. Selon le diagnostic, le traitement repose sur repos relatif, glace, anti-inflammatoires sur avis médical, parfois ponction ou antibiothérapie si une infection est suspectée. Au plan prévention, revoir le poste et renforcer les protections restent indispensables pour éviter les récidives.

À retenir pour vos équipes

  • L’hygroma du genou est évitable dans une large mesure par l’ergonomie et des EPI conformes EN 14404.
  • Le choix et le port effectif des genouillères priment sur la seule dotation.
  • La sensibilisation et le suivi d’indicateurs transforment des intentions en résultats.

Pour approfondir les critères de sélection et le rôle de la norme EN 14404, consultez notre ressource : EN 14404 : protection contre l’hygroma des genoux pour les salariés.

Photo de Simon Berthelot

Simon Berthelot

Chef des Ventes Grand NORD & Grand EST